Karim Rouamba travaille depuis plus de six ans chez l’entreprise partenaire de Velafrica au Burkina Faso, le centre vélo Faso Vélo. Il a ainsi vu ce centre devenir le principal pôle d’expertise en matière de mécanique vélo, et il a contribué à former la prochaine génération de mécaniciens et mécaniciennes vélo. Un interview.
Peux-tu te présenter brièvement?
Je me nomme Karim Rouamba, je suis le responsable technique de Faso Vélo à Ouagadougou. Passionné du vélo et de la mécanique depuis toujours, j’ai rejoint l’aventure dès ses débuts pour transformer des vélos venus de Suisse en solutions de mobilité durables.

En quoi consiste une journée de travail typique chez Faso Vélo pour toi?
Ma journée commence le matin à 08h par le briefing de l’équipe à l’atelier pour organiser les priorités. Ensuite, je jongle entre la supervision technique des réparations, le contrôle de la qualité des vélos sortants et la gestion du stock de pièces détachées. Je passe aussi beaucoup de temps à accompagner les mécaniciens et mécaniciennes sur les montages plus complexes pour m’assurer que chaque vélo qui quitte Faso Vélo soit parfaitement fiable pour son futur propriétaire.
Tu avais été chez Faso Vélo depuis le début. En quoi l’entreprise a-t-elle changé depuis ses débuts?
Au début, nous étions une petite équipe de pionniers qui découvrait tout. Aujourd’hui, Faso Vélo est devenue une entreprise professionnelle et reconnue pour sa qualité. Ce qui a le plus changé, c’est notre notoriété : nous sommes passés d’un simple atelier à une véritable référence en mécanique vélo au Burkina Faso.
Faso Vélo et Velafrica
Velafrica a mis en place le centre cycliste Faso Velo en collaboration avec des partenaires locaux et avec le soutien de différentes fondations. Il a ouvert ses portes en 2019 et a depuis distribué plus de 40 000 vélos Velafrica grâce à son vaste réseau.
En collaboration avec Velafrica, Faso Velo a également mis en place un programme de formation professionnelle en alternance dans le domaine de la mécanique vélo et a été officiellement reconnu comme centre de formation professionnelle privé. Le programme de formation professionnelle a reçu le prix ENTERPRIZE International en septembre 2024.
Quelle différence un vélo peut-il faire au Burkina Faso?
Au Burkina Faso, le vélo est un véritable outil de développement: il permet aux élèves d’étudier sans fatigue et aux travailleurs de se déplacer plus vite. Mais aujourd’hui, c’est aussi devenu un moyen de prendre soin de sa santé car de plus en plus de gens pratiquent le vélo pour le sport. C’est une machine qui apporte à la fois l’autonomie et le bien-être physique à nos communautés.
Quel a été ton plus grand moment professionnel jusqu’à présent?
Mon moment fort a été de voir la première promotion de mécaniciens que j’ai formés recevoir leur certification. C’était une immense fierté de constater que mon savoir-faire est désormais entre les mains d’une nouvelle génération prête à développer le vélo au Burkina. C’est la preuve concrète que Faso Vélo grandit et transmet des compétences durables.

Tu as formé des instructeurs et instructrices en mécanique vélo. Y a-t-il eu des moments particuliers qui t’ont marqué?
Ce qui m’a marqué, c’est de voir la fierté des instructeurs quand ils réussissent enfin une réparation difficile. Un moment fort a été de voir l’un d’eux expliquer avec assurance les réglages à ses propres élèves. C’est là que j’ai compris que transmettre mon savoir est le meilleur moyen de développer le vélo ici.
Quelle est ta vision pour Faso Vélo?
Ma vision est que Faso Vélo devienne la référence absolue pour le vélo dans toute la sous-région. Avec notre grand atelier, nous avons déjà une base solide ; mon but est d’y apporter encore plus de technicité et de précision. Je souhaite que nous soyons le moteur qui équipe chaque Burkinabè d’un vélo fiable pour faciliter son quotidien et booster l’économie du pays.

Selon toi, que faut-il faire pour que davantage de personnes utilisent le vélo au Burkina Faso?
Pour que plus de personnes utilisent le vélo, il faut renforcer la communication sur les réseaux sociaux et notre site web. En montrant des témoignages de clients satisfaits et les bienfaits du sport, on peut donner envie à la jeunesse. Il faut aussi garantir des vélos de qualité à prix accessibles.
Interview de Bettina Wyler (Velafrica)
Soutenez le cyclisme à Ouagadougou!
Avec un don de 75 CHF, vous permettez par exemple la remise en état et l’exportation d’un vélo supplémentaire vers Burkina Faso. Merci beaucoup!